13) ballad of broken seas

Les
souvenirs s'échappent un par un, j'ai essayé d'écrire une toute petite
biographie et je m'aperçois d'un coup que ma mémoire est liquide : elle
s'enfuit par le moindre trou, et ma tête est une immense passoire.
Je
meuble vaguement les journées, le temps aussi a quelque chose de
liquide : on ne peut pas l'empêcher de s'écouler. Je m'endors balancée
comme sur de l'eau. Je rêve de murs blancs derrière lesquels on se cache
pour rouler des pelles illégitimes.
... surface miroitante et sirupeuse.
Une
certaine ivresse, une certaine obsession ; un état. Je suis en
flottaison : pas vraiment dans le monde pas vraiment en dehors, quelque
part au milieu.
Un peu comme la mer : pas vraiment de la terre, pas vraiment du ciel, quelque part entre les deux.
Je me désancre de la réalité pour quelques jours de plus.
Je
penserais plus tard à tout ce que je dois faire, c'est une décision
mûrement réfléchie, parfaitement irresponsable, totalement assumée, comme
j'aime.
La mer m'obsède.
titre : Isobel Campbell et Mark Lanegan (il me faut cet album)
image : un devianteux. Lequel ? J'ai oublié.
italiques : Merleau-Ponty, dans L'Oeil et l'esprit.
+ mise à jour de mon profil. Ouaip.
+ vous n'avez toujours pas lu Océan Mer
de Baricco ? Dommage. Sinon vous sauriez que sur la photo, c'est la
pension Almayer, comme je l'ai vue, exactement, au détail près, avec
les yeux de ma tête gruyère.